Mieux connaître la nappe alluviale de la plaine d’Avignon : deux stages de Licence 3 en hydrogéologie

Un aquifère stratégique au fonctionnement singulier

La plaine d’Avignon abrite un aquifère alluvial peu profond, exploité par de nombreux acteurs du territoire. Il s’agit d’une nappe logée dans des dépôts alluviaux apportés par le Rhône et la Durance, reposant sur un substratum antérieur (calcaires crétacés, marnes et sables miocènes, argiles pliocènes). Sa perméabilité notable lui confère une réactivité hydrodynamique importante et un renouvellement rapide de la ressource.

Sa particularité : une recharge et une période de hautes eaux estivales, principalement liées à l’irrigation gravitaire agricole et au réseau dense de canaux. Le fonctionnement de l’aquifère est ainsi étroitement lié aux pratiques anthropiques. Dans un contexte d’urbanisation croissante, d’évolution des pratiques d’irrigation et de changement climatique, mieux caractériser son fonctionnement actuel est un enjeu central pour la gestion durable de la ressource, au cœur des objectifs de la chaire GeEAUde.

Deux stages de Licence 3 complémentaires

Deux stages de Licence 3 Sciences de la Terre et de l’Eau (STE) d’Avignon Université, financés par la chaire GeEAUde et encadrés au sein du pôle d’hydrogéologie (UMR EMMAH), ont été menés de façon complémentaire.

Alexia Jamme s’est concentrée sur la campagne piézométrique : reconstitution et mise à jour de l’inventaire des ouvrages, prospection de terrain et carte piézométrique de la nappe.

Claire Soulier a construit le socle géomatique du projet : une base de données géologique issue de la Banque du Sous-Sol (BSS) du BRGM et un SIG regroupant plus de trente couches thématiques, complétés par les données de l’ASA (Association Syndicale Autorisée) des canaux de la plaine d’Avignon et du Grand Avignon. Claire a également travaillé sur l’interprétation des logs de forages pour mieux définir les limites de l’aquifère.

Principaux résultats

•  Base de données et SIG de la zone d’étude : compilation et harmonisation de données hétérogènes, à savoir (i) un inventaire des ouvrages de suivi (piézomètres, forages, puits) issu des campagnes historiques (Nofal, 2014) et des partenaires (Grand Avignon, SMAVD), (ii) une base géologique structurée exploitant près de 1 600 ouvrages de la BSS du BRGM, (iii) une base de données complète et un socle géomatique sur la zone d’étude.

•  Prospection de terrain : vérification et mise à jour de la base piézomètres/forages : état et accessibilité des ouvrages, relocalisation et nivellement au GPS différentiel, identification de nouveaux points, dédoublonnage et fiches descriptives par piézomètre.

•  Cartographie du substratum et du toit de l’aquifère : établie à partir de la base forages et d’une méthode d’interprétation des logs distinguant couche superficielle, alluvions, couche de transition et substratum, afin de préciser la géométrie du réservoir alluvial.

•  Campagne piézométrique et carte actualisée : campagne en hautes eaux sur plus de 100 points et tracé des isopièzes à l’échelle de la plaine.

L’ensemble de ce travail a permis d’alimenter un outil interactif permettant de visualiser les coupes de l’aquifère en tout point de la zone, avec le niveau piézométrique mesuré lors de la campagne du 12 juin.

https://avignappe.cinkus.fr/ 

Perspectives

Ces livrables constituent une base homogène, concrète et directement exploitable pour les travaux à venir sur l’aquifère de la plaine d’Avignon. Ils permettront d’alimenter et de calibrer un modèle hydrogéologique de la nappe alluviale afin d’étudier l’impact des changements globaux sur son fonctionnement (urbanisation, évolution des pratiques d’irrigation et changement climatique).