Écritures documentaire et chorégraphique
NAPESS
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Narrations Partagées sur les Eaux Souterraines et les Sécheresses
Maëlle BANTON & Joan CELLIER
Face à une ressource en eau souterraine fragile, les usages s’entrechoquent : comment raconter cette crise invisible ? L’eau souterraine est devenue l’une des ressources les plus convoitées et les plus fragiles face aux effets du changement climatique. À mesure que les nappes phréatiques s’épuisent, les tensions entre les différents usages de l’eau se multiplient, révélant des enjeux environnementaux et sociaux majeurs.
Maëlle Banton, réalisatrice et chercheuse en géographie, et Joan Cellier, danseur et chorégraphe, du collectif Baladinerie, proposent de mettre en dialogue sciences, cinéma documentaire et danse pour créer un film poétique de médiation. Le médium audiovisuel est choisi pour sa capacité à partager des connaissances complexes en donnant place aux récits de vie et aux émotions. Il mêlera écritures documentaire et chorégraphique.
Des entretiens seront menés avec des scientifiques, des gestionnaires et des habitants confrontés aux restrictions d’usage, aux pénuries ou aux transformations de leurs pratiques, afin de recueillir leurs expériences, leurs savoirs et leurs perceptions des nappes phréatiques. Ces témoignages constitueront la matière première d’un récit collectif où chaque parole trouvera sa place.
La danse viendra prolonger ces paroles en explorant ce qui échappe au langage : les mouvements invisibles de l’eau, les tensions entre les usages et les interdépendances entre les humains et leur environnement. L’écriture chorégraphique deviendra ainsi un langage poétique capable de traduire ces problématiques difficiles à représenter.
Ce projet questionne notre manière de percevoir, de partager et de gouverner les eaux souterraines. Il explore comment la création artistique peut contribuer à renouveler les formes de médiation scientifique, faire émerger de nouveaux récits autour des conflits d’usages et ouvrir un dialogue entre chercheurs, acteurs du territoire et citoyens. En donnant une dimension sensible à des phénomènes souvent invisibles, le projet invite chacun à repenser sa relation à une ressource commune dont l’avenir dépend de choix collectifs.
Les artistes
Maëlle BANTON
Réalisatrice et géographe, Maëlle Banton développe un travail cinématographique à la croisée du documentaire, de la fiction et des arts du mouvement. Nourri par la danse et la musique, son cinéma explore la dimension sensible des corps en relation avec les espaces, en cherchant à révéler la musicalité du réel et la puissance expressive du geste. Cette approche l’a amenée à collaborer avec des institutions telles que Montpellier Danse ou l’École Nationale de Danse de Marseille, et à tisser des liens étroits entre écriture chorégraphique et écriture filmique, comme dans Échappée (2017) ou son adaptation d’une pièce de théâtre Camille Claudel, le temps d’une valse (2021).
Ses films, qu’ils relèvent de la fiction ou de formes hybrides, interrogent des enjeux contemporains en mêlant engagement et recherche esthétique. Son premier court-métrage Susi (2014) est récompensé au Festival Cinemed de Montpellier, tandis que Mon étoile (2018) reçoit le prix du jury au festival Str’off de Strasbourg. En 2018 également, elle co-réalise Mademoiselle, un film de prévention sur le harcèlement sexuel, distingué par le prix du Jury au festival Finprêt et par le prix France 3. Il sera largement diffusé dans le cadre institutionnel (par la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et la préfecture de police) mais aussi à la télévision (France 3). Plus récemment, elle réalise Après la pluie (2024), primé au 48h Cinemed. Elle poursuit actuellement un travail documentaire autour de la danse avec Gizaki, un souffle de danse, au sein des ballets de Malandain avec l’Université du Mouvement.
En parallèle, Maëlle Banton est docteure en géographie et développe une pratique de recherche-création interdisciplinaire, au croisement de la géographie et du cinéma. Son travail s’inscrit dans le champ de la
géographie audiovisuelle, qui mobilise l’image et le son comme méthodes sensibles d’enquête, de connaissance ou de restitution des territoires. Elle co-réalise Dans l’alcôve en 2020, un film de recherche-création à la frontière entre documentaire et fiction au sein du laboratoire de recherche PACTE (projet I2PRI), qui explore les comportements des habitants face aux risques d’inondation.
Prenant part à la dynamique de recherche en questionnant les résultats obtenus et en mettant en scène différents profils-types identifiés, il devient un outil de médiation auprès des habitants. Durant ses travaux de thèse, elle questionne ensuite les apports de l’audiovisuel dans la co-construction des projets d’aménagement, notamment en contexte de risques et de transitions environnementales. Elle conçoit alors des dispositifs filmiques participatifs permettant de faire émerger la parole habitante et de co-construire des récits territoriaux, notamment sur le littoral d’Occitanie (projet AATRE). Ces dispositifs filmiques s’inscrivent comme films de médiation, ayant vocation à susciter le débat et à améliorer la co-construction des territoires.
Concernant les thématiques de ses travaux de recherche, elles portent particulièrement sur les enjeux liés à l’eau et aux territoires, les inondations en contexte alpin (Isère, Haute-Savoie), la submersion marine sur le littoral méditerranéen (Hérault), la gestion de l’alimentation en eau potable dans le Massif Central (Haute-Loire), ainsi que sur la vulnérabilité intrinsèque des ressources en eau souterraine (Gers, Hautes-Pyrénées). Ces expériences lui permettent d’appréhender la complexité des dynamiques hydrologiques par rapport aux usages, ainsi que la diversité des perceptions sociales de l’eau.
Son travail vise ainsi à faire dialoguer savoirs scientifiques, récits vécus et formes artistiques, pour renouveler les modes de représentation et de compréhension des crises environnementales contemporaines et ouvrir des espaces de réflexion et de partage. À l’interface entre création artistique et
recherche scientifique, sa démarche apparaît particulièrement pertinente pour un projet consacré aux enjeux d’eaux souterraines par le fait d’adopter une approche sensible et située des problématiques environnementales, attentive à la pluralité des rapports à l’eau – entre aléas, usages, gestion et imaginaires.
Joan CELLIER
Joan Cellier est un danseur et accro danseur basé à Marseille dont le travail se situe à l’intersection de la danse contemporaine, de la musique et des arts dramatiques. Après s’être formé au Conservatoire de danse d’Avignon (2005-2016) et à l’École Nationale Supérieure de Danse de Marseille (2016-2018), il sort diplômé du Ballet Junior de Genève (2018-2021) où il perfectionne son langage contemporain au contact de chorégraphes internationaux tels qu’Olivier Dubois, Roy Assaf ou Marcos Morau. En 2021, il complète sa formation au CFA Pietragalla-Derouault à Paris, s’ouvrant aux cultures urbaines (Hip-Hop, Krump, House) et aux arts du récit (théâtre, mime, clown).
Depuis 2021, il collabore avec des compagnies de renom pour des projets variés en France et à l’international. Son parcours l’a mené de la Philharmonie de Paris avec le Théâtre du Corps (Pietragalla-Derouault), aux scènes internationales avec la Compagnie bok o bok (Côte d’Ivoire, Bulgarie). Aujourd’hui, il poursuit ce parcours en rejoignant des structures aux univers marqués comme la Compagnie Lamento (Sylvère Lamotte), la Compagnie 7273 à Genève, ou encore la Compagnie Art for Gaïa. Cette diversité de collaborations témoigne de sa capacité à s’adapter aussi bien à des pièces chorégraphiques pures qu’à des créations interdisciplinaires.
Au-delà de la danse, Joan s’ouvre aux autres arts. Violoniste de formation (6 ans de conservatoire) et percussionniste, il a notamment collaboré avec le Felix The Cat Jazz Band. Son intérêt pour la narration l’a également conduit vers l’art dramatique (études au Conservatoire Mozart de Paris) et le cinéma, où il a tenu le rôle principal dans le film Mon étoile, primé au Festival Europartvision en 2018 et Après la pluie, primé au 48h Festival Cinemed.
Parallèlement à sa carrière d’interprète, Joan Cellier développe son propre langage en tant que chorégraphe. Depuis 2020, il signe plusieurs pièces et solos (notamment au Musée des Arts asiatiques de Toulon ou au FestiBorgne), confirmant une volonté de porter une vision artistique globale où le corps, l’objet masque et la musique s’unissent pour créer des paysages sensibles.
Contact & infos
maelle.banton@gmail.com
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