Le changement climatique met en lumière l’importance de la gestion durable des eaux souterraines, pour l’approvisionnement en eau, alors que l’intensification des extrêmes climatiques accentue la pression sur ces ressources vitales.

La série molassique du Miocène abrite les masses d’eau souterraine les plus importantes du département de Vaucluse. Cependant, et malgré les études précédentes, cette ressource reste encore mal connue en termes de quantité d’eau, de temps de séjour, de taux de renouvellement et d’échanges avec d’autres masses d’eau (ex. aquifères alluvionnaires, eaux de surface), rendant difficile sa gestion durable.

Dans le cadre de la chaire partenariale GeEAUde, une première thèse a débuté en octobre 2025 visant à améliorer la compréhension de cet hydrosystème souterrain en portant une attention particulière à la détermination de l’âge de ses eaux et à l’identification de leur mode de circulation, de recharge et de renouvellement.

La détermination de l’âge des eaux souterraines et le traçage de leurs origines seront réalisés à l’aide des isotopes stables et radioactifs, naturels et anthropogéniques, présents en trace dans ces eaux : 3He, 4He, 3H, Ne, 14C, d13C, dD, d18O, cations, anions, éléments traces, Ra, Rn, rapport isotopique 87Sr/86Sr. Les eaux de l’aquifère du Miocène du Comtat Venaissin (bassin de Carpentras-Valréas) seront échantillonnées à partir des forages et piézomètres existants le long des principales lignes d’écoulement et à différentes profondeurs. Les résultats hydrochimiques et isotopiques obtenus seront comparés aux données acquises dans les années 1990 qui avaient montré la présence d’une proportion importante d’eau ancienne dans cet aquifère. Ceci permettra d’évaluer le renouvellement des eaux souterraines survenu depuis les années 1990 sur la base de l’évolution des âges des eaux observée durant les trois dernières décennies.